
DALO | EVéNEMENT | INSOLITE | INTERNATIONAL | PRESSE - lundi 22 février 2010
Après avoir suivi le parcours de la flamme olympique, les tentes rouges se sont installées hier à Vancouver pour forcer le gouvernement à mettre en place une politique nationale de logements sociaux.
Une centaine de personnes a passé la nuit d’hier sous des tentes près de Science World. Ils ont été rejoints aujourd’hui, devant la Vancouver Art Gallery, par d’autres pour revendiquer un droit au logement canadien. Le parcours des tentes rouges, initié par la Pivot Legal Society en partenariat avec de nombreuses associations, entend se servir de la fenêtre médiatique ouverte par les JO pour alerter Ottawa sur la situation désastreuse au Canada concernant le logement social.
L’idée d’installer des tentes rouges a été reprise de l’association française Les enfants de Don Quichotte. Durant l’hiver 2006-2007, des tentes installées le long de la Seine à Paris avaient poussé le gouvernement français à créer 27 000 lits supplémentaires dans les refuges pour sans-abri et à modifier la législation concernant le droit au logement.
Les associations canadiennes se sont mobilisées de la même façon en utilisant le même symbole pour mobiliser la population à travers tout le pays sur cette crise sociale. En effet, le rapport de l’ONU sur le logement au Canada rendu en 2007 parle de l’urgence nationale à créer une vraie politique dans ce domaine et de reconnaître le droit à un logement salubre. D’après le rapporteur, les stratégies adoptées, lorsqu’elles existent, sont trop différentes selon les provinces et les municipalités si bien qu’il n’existe même pas de définition du sans-abri. La situation sur le terrain semble tout aussi critique. L’augmentation des prix sur le marché immobilier ajoutée à la diminution du nombre de logements sociaux a fait exploser le nombre de personnes vivant dans la rue ou dans des chambres miteuses.
Aujourd’hui, le Canada est l’un des quelques pays dans le monde à ne pas posséder de législation nationale concernant le logement social. Pourtant, des années 70 jusqu’au début des années 90, le pays était reconnu pour sa politique proche de l’irréprochable dans ce domaine.
Le Canada Assistance Act notamment, signé en 1966, contraignait les provinces et territoires à loger les personnes dans le besoin. Cette législation fut révoquée en 1996. La même année, Ottawa annonçait un plan de transfert de compétences aux provinces concernant le logement. Ces dernières n’ayant pas forcément de moyens supplémentaires, la situation n’a fait qu’empirer.
Le relais des tentes rouges continuera jusqu’en juin 2010 pour s’achever à Ottawa le jour du 75e anniversaire du mouvement social On-to-Ottawa Trek.
Fanny Abes

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