
Octobre 2006 : Augustin Legrand, Pascal Oumakhlouf et Ronan Denecé décident de s’installer dans la rue aux côtés de sdf, en vue de les faire témoigner, de relayer leur parole sur le site Internet des Enfants de Don Quichotte, et de leur proposer d'installer à terme un campement avec des citoyens solidaires.
2 décembre 2006 : Les Enfants de Don Quichotte tentent d'établir un premier campement place de la Concorde. Ils sont mis en échec par la police.
16 décembre 2006 : Les Enfants de Don Quichotte installent 100 tentes sur le Canal Saint Martin à Paris. Le danger d'une charge de la police sur des tentes placées à proximité immédiate de l'eau permettra l'installation durable du campement citoyen. En pleine campagne présidentielle, cette action spectaculaire entraîne une énorme couverture médiatique.
18 décembre 2006 : Nicolas Sarkozy, candidat en campagne, promet que « d’ici à deux ans, plus personne ne sera obligé de dormir dehors et d’y mourir de froid ».
24 décembre 2006 : La Charte du Canal Saint Martin est rédigée par les Enfants de Don Quichotte en concertation avec de très nombreuses associations. Très vite l'ensemble des grands partis politiques la signe.
Les engagements de campagne de Nicolas Sarkozy
27 décembre 2006 : La ministre déléguée à la Cohésion sociale, Catherine Vautrin, annonce une série de mesures sur l’hébergement des sans abri : modification des horaires et allocation de 70 millions d’euros. Les Enfants de Don Quichotte dénoncent l'insuffisance des mesures proposées.
31 décembre 2006 : Jacques Chirac, alors Président de la République, annonce dans ses vœux son souhait de voir le gouvernement créer un « droit au logement opposable ». Les Enfants de Don Quichotte demandent l'ouverture de négociations pour la mise en œuvre d'un plan d'urgence pour les sans abri et pour une relance de la construction de logements très sociaux.
8 janvier 2007 : Après une semaine de négociations, Jean-Louis Borloo, ministre du Logement, de l’Emploi et de la Cohésion sociale, annonce des mesures de refonte totale du système d’hébergement d’urgence avec le Plan d’action renforcé en direction des personnes sans abri (PARSA). 27 100 places d’hébergement doivent être créées ou transformées dans l'année. Le gouvernement s'engage également à construire 80 000 logements très sociaux en quatre ans.
5 mars 2007 : La loi sur le « Droit au Logement Opposable » (DALO) est votée à l'unanimité au Parlement. Elle place le droit au logement au même rang que le droit à l’éducation ou à la santé. Près d'un milliard d’euros doivent être débloqués en urgence pour financer l'ensemble des nouvelles mesures.
Octobre 2007 : Le budget du logement pour l’année 2008 est présenté au Parlement. Les Enfants de Don Quichotte, la Fondation Abbé Pierre, le Secours Catholique et ATD Quart Monde dénoncent ensemble sa diminution qui ne permettra pas de mettre en œuvre une véritable politique publique du logement. Le Premier ministre François Fillon les reçoit à Matignon pour leur expliquer que le gouvernement ne pouvait faire plus, au risque « de ne pas respecter les critères de Maastricht » ! On a vu depuis la crise financière et le renflouement des banques à coup de milliards d’euros, que ce n’était pas ce qui arrêtait le gouvernement !
15 décembre 2007 : Les Enfants de Don Quichotte, très vite soutenus par d’autres associations, posent un campement devant Notre Dame de Paris, sur les quais de la Seine. Ils en sont violemment évacués par la police.
François Fillon convoque à Matignon toutes les associations spécialisées sur les problèmes de logement et de précarité, dont les Enfants de Don Quichotte. Il charge le député UMP des Yvelines Étienne Pinte, de faire un rapport préconisant les mesures à mettre en œuvre pour faire face à la crise du logement et de l’hébergement. Dans le même temps, François Fillon nomme Alain Régnier « super-préfet » chargé spécifiquement des questions de logement et d'hébergement.
Les associations décident de se constituer en collectif et de travailler ensemble à l’élaboration de « treize engagements et 100 propositions » qu’elles considèrent comme urgentes et indispensables. C'est la naissance du « collectif des associations unies pour une nouvelle politique du logement et de l'hébergement ».
Fin janvier 2008 : Le pré rapport du député Pinte est remis au Premier Ministre. Ce pré rapport ne reprend que très partiellement les treize engagements préconisés par les associations. En lieu et place des 2,5 milliards d’euros demandés par le collectif au Premier ministre, le gouvernement ne propose que le déblocage de 250 millions d’euros. En sortant de Matignon, les associations sont déçues, voire très en colère. Elles annoncent une nouvelle mobilisation.
21 Février 2008 : La première « nuit solidaire pour le logement » est organisée par le collectif des associations unies. Elle réunit plus de 10 000 personnes place de la République à Paris.
19 mai 2008 : Le documentaire « Enfants de Don Quichotte - Acte 1 », réalisé par Augustin Legrand, Jean-Baptiste Legrand et Ronan Denécé, est présenté à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes dans le cadre de la journée particulière : Cinéma et Politique.
20 mai 2008 : La justice reconnaît pour la première fois le droit opposable au logement à une famille mal-logée dont la demande de logement n’avait pas été jugée « urgente » par la commission de médiation.
Juin 2008 : Le député Étienne Pinte remet son rapport définitif, qui reprend, cette fois ci, une large partie des engagements préconisés par le collectif. Ce rapport restera lettre morte.
Octobre et novembre 2008 : Les Enfants de Don Quichotte participent à la tournée du bus DALO organisée par la Fondation Abbé Pierre et le Secours Catholique. L’objectif de cette initiative est double : informer les personnes concernées sur les moyens de se saisir de la loi DALO, et mettre en place localement des comités solidaires de citoyens alertant et accompagnant les personnes mal-logées dans leur démarche. Au total, le bus DALO fait étape dans une douzaine de villes. Plus de 100 débats sont organisés autour du film « Enfants de Don Quichotte - Acte 1 », sorti le 22 octobre 2008. Cette tournée nous permet de rencontrer des sympathisants, des citoyens solidaires et concernés qui manifestent leur volonté de rejoindre ce mouvement engagé, déterminé et pacifique.
Novembre et décembre 2008 : L’hiver fait ses premiers morts de froid. Les médias se focalisent sur la proposition de Christine Boutin, ministre du Logement, de mettre de force les SDF à l’abri dans des gymnases qui fermeront dès la remontée des températures. Les associations réagissent unanimement et fermement contre cette proposition régressive, rappelant, par ailleurs, que l'État n’a pas tenu les promesses du plan PARSA et que le budget 2009 du Logement est en baisse de près de 7 %.
18 décembre 2008 : Alors que Nicolas Sarkozy, président de la République, avait promis lorsqu’il était en campagne que « plus personne ne sera obligé de dormir dehors et d’y mourir de froid » d’ici deux ans, le collectif des associations unies déplore, qu'au contraire, la situation n'a cessé d'empirer. Pour les enfants de Don Quichotte, le temps est venu de passer l’Acte II.
18 mars 2009 : Interpeller, mobiliser, c'est par Avignon que les Enfants de Don Quichotte entament au printemps un tour de France du mal logement, suivront Marseille, Montpellier, Toulouse, Lyon, Bordeaux, Caen, Rennes et Strasbourg.
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mardi 3 mars
Depuis notre premier campement citoyen du canal Saint-Martin, durant l’hiver 2006/2007, à Paris, notre combat n'a jamais cessé. Pendant deux ans, notre petite équipe de bénévoles n’a pas ménagé sa peine, aux côtés des associations, aujourd’hui réunies dans une inter associative, pour essayer d’infléchir l’action des pouvoirs publics envers les mal-logés. Nous avons parcouru la France pour des projections/débats de notre film « Enfant de Don Quichotte – Acte 1 ». Nous avons participé, et participons encore, à des discussions avec le gouvernement pour tenter d’améliorer la situation.Mais force est de constater que ces années passées à attendre l’application des engagements pris suite au mouvement de mobilisation national qu'avait suscité notre action n’ont pas servi à grand chose, malgré le vote de la loi sur le droit au logement opposable, essentielle à bien des égards, mais largement inappliquée et inapplicable en l’état.
Face au manque de volonté politique et alors que la crise du logement ne cesse de s’aggraver, il y a urgence à imposer de nouveau dans l'espace médiatique, et donc… dans l'agenda gouvernemental, le thème de la lutte contre le mal logement.