
PRESSE | SANS PAPIERS - mardi 7 avril 2009
Plusieurs familles, dont dix enfants, dorment dans la rue, derrière la médiathèque. Fuyant la misère en Roumanie, ils demandent un toit et du travail. La scène semble surgir d'un reportage sur les trottoirs de Calcutta. Depuis trois semaines, par dizaines, des enfants, des femmes, des hommes dorment à même le sol, sur les trottoirs de Toulouse.
Il est 6 h 15, hier, derrière la médiathèque et le thermomètre affiche six pauvres degrés. Par terre, au pied de l'immeuble en travaux qui accueillera bientôt les bureaux de la Communauté urbaine, Maria et Pista émergent de la pelure d'oignon qui leur sert de couverture, au sortir d'une nouvelle nuit de mauvais sommeil. Leurs quatre enfants ont 2, 6, 10 et 12 ans. Ils dorment à deux pas. Eux aussi par terre, sur ce béton inhospitalier qui éreinte les corps, martyrise les os. «C'est difficile, il fait froid», frissonne Maria.
RÉFUGIÉS ÉCONOMIQUES
Plus loin, d'autres familles gisent là, mal abritées par des cartons de fortune bien incapables de protéger du froid ou de préserver un minimum d'intimité. Les enfants grelottent, pleurent et toussent, les bronches prises.
Tous viennent de Roumanie. Certains d'Alba Iulia, au nord-ouest de Bucarest. D'autres de Iasi, près de la frontière moldave. Réfugiés économiques, ils sont roms, comme Maria et Pista. Ou roumains, comme Robert ou Florin. Une trentaine de personnes dont dix gosses survivent ici. Chaque matin, à 7 h 30, les parents replient couvertures, cartons, bouts de matelas dénichés dans les poubelles et les quelques vêtements qui ont fait le voyage. Au nez des passants qui détournent le regard. Il ne reste plus, alors, que les vestiges de leur présence nocturne : une poussette attachée à une barrière ici, un sac de vêtements vaguement dissimulé là, trois détritus, des excréments. Puis ils partent en ville pour faire la manche ou laver les pare-brise, avant de regagner le bout de trottoir, en début de soirée.
«Nous voulons travailler, demande simplement Robert. En Roumanie, il n'y a pas de travail, pas d'argent. Je ne peux plus nourrir ma famille». Florin aussi veut du boulot. «Dans la construction, l'agriculture, n'importe quoi...» Florin n'a plus rien à perdre. Il a déjà tout perdu. Sa petite maison n'a pas résisté aux dernières inondations. Ses trois enfants sont restés en Roumanie avec le grand-père. «Nous avons besoin d'aide... Un toit et du travail.»
Sans papiers, ils en sont réduits à cette vie qui n'en est pas une. «On a fait le 115, ils disent qu'il n'y a pas de place», se désole Florin dans un espagnol correct.
Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde, disait l'autre. Est-il digne, pour autant, de laisser des gosses dormir sur le trottoir ?
Une situation sanitaire inquiétante
Dans de telles conditions de survie, l'hygiène en prend un coup. Se laver ? Se débarbouiller serait plus exact. Dans les toilettes de la gare, par exemple, comme le confie Maria.
La situation sanitaire de ces familles est inquiétante. « Presque tous ont des abcès dentaires, des caries, il faudrait un dentiste. Une petite à une otite, une autre a une bronchite », constatait hier soir François Simon, alors qu'une maman se plaignait de forts maux de tête.
Le médecin a administré quelques médicaments déstockés, et repassera dès ce matin et les jours suivants. Selon lui, chaque nuit supplémentaire passée sur le trottoir augmente les risques de pathologies diverses : bronchites, bronchiolites, dysenterie, diarrhées. Et la gale aussi, avec la panoplie des problèmes cutanés liés au manque d'hygiène.
Situation bloquée
Michel Dmuchowski, le directeur de la DDASS, rappelle la position de l'État : « Lorsque ces familles n'ont pas de titre de séjour, ce qui est le cas le plus fréquent, soit elles acceptent l'aide au retour dans leur pays et, en attendant, sont hébergées à l'hôtel, soit elles ne l'acceptent pas et nous ne pouvons rien pour elles. » Même si des enfants dorment sur le trottoir, ce qui est contraire à la Convention internationale des Droits de l'enfant. La fermeture des centres d'hébergement d'urgence est-elle judicieuse dans ces circonstances ? « Nous n'aurions de toute façon pas pu y héberger toutes les familles. Mais c'est vrai qu'il y a un problème que pour l'instant les autorités n'ont pas réussi à régler ».
Si la mairie a réussi à grignoter quelques places d'hébergement pour trois autres familles, le week-end dernier, Claude Touchefeu, adjointe à la solidarité, estime que la balle est dans le camp de l'État et appelle de ses vœux une réunion d'urgence à la préfecture qu'elle encourage à changer de posture. Pour Colette Gayraud, mandatée par la Défenseure des enfants pour tenter une médiation, « on ne peut pas admettre que des enfants dorment dehors ». Elle a sollicité, elle aussi, une réunion d'urgence, mais n'avait pas obtenu de réponse, hier.
Même attente, enfin, de la part du Comité Droit au logement, qui demande « la réouverture des centres d'hébergement d'urgence du centre-ville ».
publication : la depeche
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soutien
eva - lundi 20 avril
Comme beaucoup je trouve inadmissible que des gens dorment dans les rues.
Et que fait on de la dignité d’autrui ?
Les expulsions , surtout avec des enfants en bas ages sont insoutenables.
Aujourd hui ce sont nos amis, demain ça pourrait être nous , nous devons en prendre conscience de ça.
Malheureusement il y bien d’autre injustice qui sont tout autant intolérables dans ce bas monde.
pour ceux qui ont besoin d’un petit peut de soutient moral je saie écouter même si en ce moment même je suis malheureusement peut disponible ce qui fait que je ne pourrait pas répondre tout de suite à ceux qui pourront m’écrire , mais j'espère que dans chaque ville au personne qui n’ont pas de soucis particulier offre leur présence même un peut plus , qui seront très apprécier et apporter un peut de réconfort en réchauffera le coeur de nos amis.
S’il y a des associations qui veulent m’écrire, je laisse mon émail
gardez confiance le ciel nous aidera
Pour m’écrire voici mon adresse émail
je vous souhaite tous beaucoup de courage et garder le moral
mes amitiés très sincères.